Certaines précautions s’imposent pour pouvoir profiter de
tous les bienfaits des huiles essentielles sans mettre en danger sa santé.
Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?
Il s’agit de l’essence distillée d’une plante aromatique. En effet, seules les
plantes aromatiques donnent des huiles essentielles.
En voici une définition plus précise :
Substance
aromatique volatile obtenue à partir de matières premières végétales soit par
distillation, soit par un procédé de distillation sèche (pyrogénation), soit
par expression du zeste.
Les huiles essentielles sont fragiles. Leurs ennemis sont l’air et
la lumière. Elles sont aussi sensibles à la chaleur, certaines plus que
d’autres, notamment les agrumes, à conserver au réfrigérateur.
La plupart d’entre elles perdent leurs
qualités au fil du temps, mais d’autres se bonifient en prenant de l’âge. Il
s’agit des huiles lourdes comme la cannelle, le bois de cèdre, de santal, mais
aussi patchouli et girofle, qu’on pourra conserver 10 ans.
L’ hydrolat
En plus de l’huile distillée, on recueille
l’eau ayant servi à leur distillation. Cette eau a les mêmes propriétés que
l’huile essentielle, mais en beaucoup plus diluées : il s’agit de
l’hydrolat, ou eau florale. On l’utilisera sans risque en interne comme en
externe. Il s’agit d’une bonne alternative pour les enfants en bas âge, les
personnes âgées, les personnes fragiles ou les animaux.
Composition d’une huile essentielle
Parmi la centaine de molécules présente
dans une huile essentielle, il y a toujours une molécule dominante qui donne la
propriété.
La partie distillée peut varier pour une
même plante. Par exemple, pour le citrus (orange amère), l’expression du zeste
donne l’essence de bigaradier, la distillation de la feuille et du début du
fruit donne l’huile essentielle de petit grain bigarade et la distillation de
la fleur donne l’huile essentielle de néroli bigaradier.
Parfois les parties distillées d’une même
plante peuvent ne pas avoir les mêmes propriétés.
La propriété d’une huile essentielle peut
différer en fonction de son chémotype
(son principe actif). Par exemple, le romarin officinal à cinéole sera plutôt respiratoire, le romarin officinal à verbénone aura plutôt des vertus
hépatiques, alors que le romarin officinal à
camphre sera plus antalgique et anti-inflammatoire.
Comment choisir son huile essentielle ?
Pour
acheter une huile essentielle de qualité, il importe que les informations
suivantes soient mentionnées sur l’étiquette.
·
Le nom vernaculaire (ou nom
commun) : il donne une première information sur la plante choisie. Par
exemple : la lavande fine, qui
sera différente de la lavande aspic.
·
Le nom latin : c’est celui qui vous
permettra d’identifier une même plante cachée derrière divers noms
vernaculaires. Par exemple, derrière la lavande vraie, la lavande fine et
la lavande officinale se cache une
seule et même plante : lavandula
angustifolia.
·
Le chémotype (ou principe actif) :
il donne une indication de la propriété de la plante. En fonction du chémotype,
on saura par exemple si l’on peut ou non ingérer une huile essentielle. Par
exemple, une plante contenant du linalol pourra
être ingéré, alors que la molécule 1.8
cinéole sera mal assimilée par l’organisme, qui n’en a pas besoin.
·
La partie distillée ou l’organe sécréteur
·
La provenance
·
La famille à laquelle la plante est
rattachée (par exemple : myrtacées, …)
·
Le mode d’extraction : distillation,
expression…
·
La robe ou couleur
·
La garantie qualité : Agriculture
Biologique, Ecocert, Nature et Progrès …
Quelles précautions d’utilisation?
Pour ne prendre aucun risque, il est
recommandé :
·
De les tenir hors de portée des enfants
·
De ne pas les utiliser pendant la grossesse et l’allaitement
·
De ne pas pratiquer d’auto-médication : seuls les naturopathes-aromatologues et les
aromathérapeutes sont à même de vous conseiller des huiles essentielles et une
posologie adaptée.
·
De ne pas les appliquer sur les muqueuses
·
De les diluer systématiquement dans un support gras (huile végétale, base
lavante, gels, laits, savons en copeaux…
·
De toujours se
laver les mains avec du savon avant et après manipulation et d’éviter le
contact avec les yeux.
·
Tous les agrumes sont photo-sensibilisants : l’exposition solaire après application
ou ingestion d’une huile essentielle d’agrume est dangereuse.
Comment les utiliser ?
·
Par voie respiratoire, sur un mouchoir ou
en inhalation. Par exemple, 5 gouttes de niaouli dans un dispersant à diluer
dans un bol d’eau frémissante, pour profiter de ses bienfaits respiratoires
mais aussi nettoyants de la peau.
·
Dans le bain : un bain à la
térébenthine, par exemple, aura une action respiratoire, mais aussi psycho-émotionnelle:
on diluera 12 à 15 gouttes d’HE de térébenthine dans 1 verre de 15 cl de gel
neutre ou lait d’ânesse, ou poudre de coco, ou poudre de lait entier, à verser
dans l’eau du bain.
·
En massage de la voute plantaire, massage corporel,
facial, en évitant les muqueuses. On diluera 5 à 10% d’HE dans 90 à 95% d’huile
végétale. Les huiles végétales propices
au massage sont l’amande douce, l’argan, l’arnica, les macérats de type
calendula ou millepertuis, la callophyle, le chanvre, le coco, le baume au
karité, les noyaux abricot, le germe de blé, la rose musquée du chili… Les zones
fortes pour masser sont la nuque, le plexus solaire, entre le nombril et le
pubis, les pieds. En massage facial on
ne diluera que 8 gouttes pour 100 ml.
·
En friction pour certaines huiles : on
frictionnera la voute plantaire, les poignets, la carotide, le pli du coude, le
pli du genou. On peut pratiquer un « choc à l’inule » par
exemple, pour une action très
expectorante : on masse la colonne vertébrale à l’HE d’inule odorante,
puis on passe un coup de sèche-cheveux. Idem pour le ravintsara ou le niaouli
en massage sur la colonne vertébrale en cas d’état grippal. On peut aussi
pratiquer un « choc à l’hélichryse » sur une varice.
·
En instillation nasale, comme par exemple
avec une huile goménolée qu’on peut réaliser à la maison en diluant 2 à 3% d’HE
niaouli dans une huile végétale.
Pour terminer, je ne saurais que vous conseiller de bien
vous renseigner avant d’utiliser une huile essentielle, car utilisées pures, certaines peuvent nous mettre en
danger. C’est le cas des huiles essentielles anti-infectieuses puissantes comme
la cannelle, le giroflier, l’origan, la sarriette, le thym à thymol.
Merci à Marie-Odile Cayeux et Jean-Charles Sommerard qui
m’ont prodigué ces conseils et initié à l’aromathérapie. Jean-Charles, pour qui
les huiles essentielles et végétales n’ont aucun secret, a une règle d’or que
je vous conseille d’adopter : tout
ce qu’on applique sur la peau doit pouvoir être mangé.
Si les huiles essentielles vous intéressent, il est
indispensable de vous former à leur utilisation avant de passer à la pratique,
ou de demander conseil à un spécialiste.












