vendredi 6 novembre 2015

Huiles essentielles: comment les utiliser sans se mettre en danger



Certaines précautions s’imposent pour pouvoir profiter de tous les bienfaits des huiles essentielles sans mettre en danger sa santé.


           Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

Il s’agit de l’essence distillée d’une plante aromatique. En effet, seules les plantes aromatiques donnent des huiles essentielles.
En voici une définition plus précise :
Substance aromatique volatile obtenue à partir de matières premières végétales soit par distillation, soit par un procédé de distillation sèche (pyrogénation), soit par expression du zeste.

Les huiles essentielles sont fragiles. Leurs ennemis sont l’air et la lumière. Elles sont aussi sensibles à la chaleur, certaines plus que d’autres, notamment les agrumes, à conserver au réfrigérateur.
La plupart d’entre elles perdent leurs qualités au fil du temps, mais d’autres se bonifient en prenant de l’âge. Il s’agit des huiles lourdes comme la cannelle, le bois de cèdre, de santal, mais aussi patchouli et girofle, qu’on pourra conserver 10 ans.

       L’ hydrolat

En plus de l’huile distillée, on recueille l’eau ayant servi à leur distillation. Cette eau a les mêmes propriétés que l’huile essentielle, mais en beaucoup plus diluées : il s’agit de l’hydrolat, ou eau florale. On l’utilisera sans risque en interne comme en externe. Il s’agit d’une bonne alternative pour les enfants en bas âge, les personnes âgées, les personnes fragiles ou les animaux.

      Composition d’une huile essentielle

Parmi la centaine de molécules présente dans une huile essentielle, il y a toujours une molécule dominante qui donne la propriété.

La partie distillée peut varier pour une même plante. Par exemple, pour le citrus (orange amère), l’expression du zeste donne l’essence de bigaradier, la distillation de la feuille et du début du fruit donne l’huile essentielle de petit grain bigarade et la distillation de la fleur donne l’huile essentielle de néroli bigaradier.
Parfois les parties distillées d’une même plante peuvent ne pas avoir les mêmes propriétés.

La propriété d’une huile essentielle peut différer en fonction de son chémotype (son principe actif). Par exemple, le romarin officinal à cinéole sera plutôt respiratoire, le romarin officinal à verbénone aura plutôt des vertus hépatiques, alors que le romarin officinal à camphre sera plus antalgique et anti-inflammatoire.

      Comment choisir son huile essentielle ?

 Pour acheter une huile essentielle de qualité, il importe que les informations suivantes soient mentionnées sur l’étiquette.

·         Le nom vernaculaire (ou nom commun) : il donne une première information sur la plante choisie. Par exemple : la lavande fine, qui sera différente de la lavande aspic.
·         Le nom latin : c’est celui qui vous permettra d’identifier une même plante cachée derrière divers noms vernaculaires. Par exemple, derrière la lavande vraie, la lavande fine et la lavande officinale se cache une seule et même plante : lavandula angustifolia.
·         Le chémotype (ou principe actif) : il donne une indication de la propriété de la plante. En fonction du chémotype, on saura par exemple si l’on peut ou non ingérer une huile essentielle. Par exemple, une plante contenant du linalol pourra être ingéré, alors que la molécule 1.8 cinéole sera mal assimilée par l’organisme, qui n’en a pas besoin.
·         La partie distillée ou l’organe sécréteur
·         La provenance
·         La famille à laquelle la plante est rattachée (par exemple : myrtacées, …)
·         Le mode d’extraction : distillation, expression…
·         La robe ou couleur
·         La garantie qualité : Agriculture Biologique, Ecocert, Nature et Progrès …

      Quelles précautions d’utilisation?

Pour ne prendre aucun risque, il est recommandé :

·         De les tenir hors de portée des enfants
·         De ne pas les utiliser pendant la grossesse et l’allaitement
·         De ne pas pratiquer d’auto-médication : seuls les naturopathes-aromatologues et les aromathérapeutes sont à même de vous conseiller des huiles essentielles et une posologie adaptée.
·         De ne pas les appliquer sur les muqueuses
·         De les diluer systématiquement dans un support gras (huile végétale, base lavante, gels, laits, savons en copeaux…
·         De toujours se laver les mains avec du savon avant et après manipulation et d’éviter le contact avec les yeux.
·         Tous les agrumes sont photo-sensibilisants : l’exposition solaire après application ou ingestion d’une huile essentielle d’agrume est dangereuse.

       Comment les utiliser ?

·         Par voie respiratoire, sur un mouchoir ou en inhalation. Par exemple, 5 gouttes de niaouli dans un dispersant à diluer dans un bol d’eau frémissante, pour profiter de ses bienfaits respiratoires mais aussi nettoyants de la peau.

·         Dans le bain : un bain à la térébenthine, par exemple, aura une action respiratoire, mais aussi psycho-émotionnelle: on diluera 12 à 15 gouttes d’HE de térébenthine dans 1 verre de 15 cl de gel neutre ou lait d’ânesse, ou poudre de coco, ou poudre de lait entier, à verser dans l’eau du bain.

·         En massage  de la voute plantaire, massage corporel, facial, en évitant les muqueuses. On diluera 5 à 10% d’HE dans 90 à 95% d’huile végétale.  Les huiles végétales propices au massage sont l’amande douce, l’argan, l’arnica, les macérats de type calendula ou millepertuis, la callophyle, le chanvre, le coco, le baume au karité, les noyaux abricot, le germe de blé, la rose musquée du chili… Les zones fortes pour masser sont la nuque, le plexus solaire, entre le nombril et le pubis, les pieds.  En massage facial on ne diluera que 8 gouttes pour 100 ml.

·         En friction pour certaines huiles : on frictionnera la voute plantaire, les poignets, la carotide, le pli du coude, le pli du genou. On peut pratiquer un « choc à l’inule » par exemple,  pour une action très expectorante : on masse la colonne vertébrale à l’HE d’inule odorante, puis on passe un coup de sèche-cheveux. Idem pour le ravintsara ou le niaouli en massage sur la colonne vertébrale en cas d’état grippal. On peut aussi pratiquer un « choc à l’hélichryse » sur une varice.

·         En instillation nasale, comme par exemple avec une huile goménolée qu’on peut réaliser à la maison en diluant 2 à 3% d’HE niaouli dans une huile végétale.

Pour terminer, je ne saurais que vous conseiller de bien vous renseigner avant d’utiliser une huile essentielle, car utilisées pures, certaines peuvent nous mettre en danger. C’est le cas des huiles essentielles anti-infectieuses puissantes comme la cannelle, le giroflier, l’origan, la sarriette, le thym à thymol.

Merci à Marie-Odile Cayeux et Jean-Charles Sommerard qui m’ont prodigué ces conseils et initié à l’aromathérapie. Jean-Charles, pour qui les huiles essentielles et végétales n’ont aucun secret, a une règle d’or que je vous conseille d’adopter : tout ce qu’on applique sur la peau doit pouvoir être mangé.

Si les huiles essentielles vous intéressent, il est indispensable de vous former à leur utilisation avant de passer à la pratique, ou de demander conseil à un spécialiste.


mardi 27 octobre 2015

Prévenir les pathologies hivernales 3. Les huiles essentielles de l’hiver

Suite à un refroidissement dû à un stress ou à une baisse de l’immunité, l’organisme a besoin de récupérer. On peut se sentir patraque sans être vraiment malade (nez bouché, tête congestionnée –gros rhume). Les huiles essentielles aident à retrouver le tonus, soulager les maux de gorge, la rhinite, la toux.
Certaines vont nous protéger et d’autres nous aider à aller mieux. Toutes vont nous soutenir et, de par leurs vertus anti-inflammatoires, renforcer notre immunité.
Suivez ce lien  pour savoir comment les utiliser sans danger.


Quelles huiles essentielles privilégier en hiver ?

Chaque litre d’huile essentielle résulte de la distillation de kilos voire de tonnes de plantes aromatiques. Chacune renferme une centaine de molécules, dont une dominante qui nous donnera la propriété de l’huile essentielle.

Les molécules sont dites :
·         positives (positivantes) c’est-à-dire qu’elles sont toniques, stimulantes et anti-inflammatoires : il s’agit des terpènes, terpénol, ethers, oxydes..
·         négatives (négativantes) : relaxantes, sédatives et anti-inflammatoires, comme les esters, aldéhydes, cétones, acides..

Concernant les huiles essentielles de l’hiver, on privilégiera  par exemple les terpènes positivants et immunostimulants (toutes les essences de pins et de sapins). L’essence de térébenthine est le terpène par excellence, positivante et hyper-dynamisante. C’est l’essence utilisée dans le «Bol d’air Jacquier ».
Une huile essentielle comme l’épinette noire utilisée en friction sur la zone des surrénales au réveil va nous aider à sortir du lit lors des matins froids d’hiver, en stimulant la production de cortisol.
On privilégiera aussi les huiles essentielles à alcools, qui ont les avantages des phénols sans leurs inconvénients : les huiles essentielles à alcool ne présentent pas de toxicité aux doses indiquées et peuvent être appliquées pures sur la peau.
Par exemple, les terpinéols font tomber la fièvre, sont anti-bactériens, béchiques (anti-toux), analgésiques, expectorants.

Focus sur quelques huiles essentielles indispensables en hiver:

  • 1.       Le niaouli (melaleuca quinquenervia)

Son utilisation en interne est controversée du fait du 1.8 cinéole qu’elle contient, et dont l’organisme n’a pas besoin. On peut se procurer du goménol, une essence de niaouli purifiée et débarrassée de ses aldéhydes irritantes.
L’intérêt du niaouli réside en sa richesse en monoterpénol, qui lui confère des propriétés anti-bactériennes, antivirales, immuno-stimulantes et toniques.
Il sera utile en cas de bronchite, grippe, asthme, coqueluche, rhinite, otite, bronchite, sinusite…
Appliquer en externe diluée à 20% dans une huile de massage ou pure sur le torse et le dos en prévention des maux grippaux.
On peut bien sûr l’utiliser en inhalation ou en diffusion pour dégager les voies respiratoires, ou quelques gouttes sur un mouchoir à respirer profondément, 2 à 4 fois par jour.
Si l’on choisit de l’ingérer, on peut en mettre 2 gouttes dans une cuiller de miel, ou par exemple sur un peu de mie de pain.
Utilisez le niaouli en synergie avec les huiles essentielles présentées plus bas : ravintsara, tea-tree, saro, mais aussi cajeput…

  • 2.  Le ravintsara (cinnamomum camphora)

A ne pas confondre avec le ravensare (ravensara aromatica), le ravintsara est la star des huiles essentielles antivirales. Il agit contre la grippe, en prévention comme en curatif. Il est d’ailleurs préconisé de le diffuser en période d’épidémie.
Le ravintsara stimule le système immunitaire et possède des propriétés anti-bactériennes, mucolytiques et expectorantes : il est particulièrement recommandé en cas de bronchite, de sinusite et de rhinopharyngite.
Il sera d’une grande aide lors des états d’épuisement nerveux et de grande fatigue.
En interne, on prendra une à deux gouttes, 3 fois par jour dans du miel, ou par exemple dans une cuiller à café d’huile d’olive.
En externe, on la diluera à 20% dans une huile végétale, pour masser deux fois par jour le torse, le dos et l’arrière des oreilles. On peut aussi utiliser quelques gouttes pures en massage de la colonne vertébrale en cas de fatigue extrême, convalescence, infection virale.
A utiliser en synergie avec l’huile essentielle de niaouli, de tea-tree ou des huiles essentielles à phénols (origan compact, d’Espagne ou thym à thymol).

  • 3.       Le tea-tree (melaleuca alternifolia)


L’huile essentielle de tea-tree est, comme le ravintsara et le niaouli, anti-virale, anti-bactérienne et immunostimulante.
On l’utilisera, en synergie avec elles, pour le traitement de la sphère ORL dans les cas de sinusite, bronchite, angine, otite, rhinopharyngite.
En interne, on prendra 1 à 2 gouttes dans du miel ou de la purée d’amandes par exemple, 2 à 3 fois par jour.
On peut l’utiliser en externe en dilution à 20% dans une huile de massage ou pure sur la peau. Attention cependant aux peaux sensibles.
Elle travaillera en synergie avec le saro, le cajeput, ou en dilution avec l’origan.

  • 4.       Le mandravasarotra ou saro (cinnamosma fragrans)

Anti-infectieux respiratoire, antiviral et antibactérien, le saro est aussi antiparasitaire (dans les cas de diarrhée ou tourista).
Expectorant, le saro fluidifie les sécretions bronchites, soulage les écoulements. Il est régulateur des défenses immunitaires.
C’est aussi une huile essentielle calmante, utile en cas de stress et de dépression. Appliquer une goutte sur chaque poignet avant de sortir crée une protection énergétique lorsqu’on est affaibli.
On peut aussi l’utiliser diluée à 20% dans une huile végétale, en massage du torse, du dos et de l’arrière des oreilles.
On peut l’appliquer pure sur le front en cas de sinusite, ou sur le dos en cas de grippe.
On peut la diffuser ou appliquer une goutte sur la plante des pieds en période d’épidémie grippale.

  • 5.       L’eucalyptus radié (eucalyptus radiata)


Antiviral, l’eucalyptus radié agit sur l’ensemble des voies respiratoires. Il a une action expectorante douce (recommandé en soin des toux grasses), moins expectorant mais plus efficace que l’eucalyptus globuleux, et plus adapté à l’enfant pour un usage externe ou en diffusion.
Tonique général et stimulant des défenses immunitaires, l’eucalyptus radié est un anti-infectieux efficace en cas de virus comme la grippe, de bactérie ou de mycose (notamment au niveau uro-génital).
En interne, on prendra 1 à 2 gouttes 3 fois par jour dans du miel, ou par exemple sur un comprimé d’acérola.
On peut le diffuser en cas d’épidémie en association à d’autres huiles essentielles respiratoires comme l’eucalyptus globuleux, le saro, le ravintsara..
Pour les enfants, on appliquera 3 gouttes diluées dans une huile végétale d’amande douce, en massage de la voûte plantaire.

  • 6.       Le thym (thymus vulgaris)

On choisira l’huile essentielle de thym en fonction du chémotype : les thyms à thymol, à linalol, à thujanol sont tous anti-infectieux respiratoires. Attention cependant le thymol est un phénol dermocaustique, à utiliser avec prudence.
Pour le thymol, on préférera l’utiliser en externe, dilué à 10% dans une huile végétale. Pour les courageux qui souhaitent l’utiliser en interne, on recommandera une période d’utilisation courte, et une dilution à 10% dans un dispersant, à raison de 10 gouttes 3 fois par jour.
Pour les autres thyms, on peut les utiliser purs en externe, et 1 goutte, 2 fois par jour sur un support neutre en interne.
Le thym est à associer avantageusement à la cannelle, au saro et au tea-tree.


Comment contrôler la fièvre ?

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, la fièvre est une réaction vitale de l’organisme qui se défend. Il est bon de la contrôler, sans la casser, au-delà de 39°, notamment pour éviter le surmenage du système circulatoire.
Pour cela, on peut envelopper les mollets ou la poitrine avec 3 à 5 gouttes d’une huile essentielle fébrifuge pour 1 litre d’eau à 2° en dessous de celle du patient.
Les huiles essentielles fébrifuges : bergamote, cajeput, citron, eucalyptus globulus et radiata, lavande fine, menthe poivrée, myrte commun à cinéole, néroli.

Sources: Dr Valnet, Thierry Folliard


dimanche 25 octobre 2015

Prévenir les pathologies hivernales 2. Booster son système immunitaire

Echinacea Purpurea
Dans l’article précédent, nous avons vu que notre immunité mérite toute notre attention pour passer l’hiver sans tomber malade : en effet, les bactéries et virus ne peuvent se développer que dans un milieu qui leur est favorable, notamment quand le système immunitaire est affaibli.
Or,  immunité forte rime avec flore bactérienne harmonieuse. En effet, c’est cette flore qui fait barrière aux micro-organismes pathogènes. L’intestin en particulier, est le premier organe immunitaire : on dit qu’il est immuno-modulant.



Avec ses 100 000 milliards de bactéries, ses 400 espèces différentes, la flore intestinale, différente et unique pour chaque individu, subit des dérèglements. Ceux-ci sont  liés à l’âge, au stress, aux vaccins, à certaines maladies , aux antibiotiques, à l’alimentation raffinée, à l’excès de sucres rapides, de protéines, de graisse, à l’absence de fibres : autant de facteurs qui ravagent notre bénéfique flore « d’occupation », laissant la place aux bactéries pathogènes et autres virus. 


Que faire pour régénérer la flore intestinale ?

Dans un précédent article,  je donnais des exemples de protocoles à suivre pour nettoyer et assainir son système digestif, avant de réensemencer en bonnes bactéries sa flore intestinale.
Le probiotique utilisé devra être choisi en fonction d’une analyse de la flore, ou de l’état du transit.
Par exemple, les ferments lactiques : lactobacillus salivarus, helveticus et plantarum ont une action anti-microbienne contre les germes pathogènes, régulent le fonctionnement de l’intestin et réduisent son inflammation.
Certains spécialistes du jeûne soutiennent la théorie qu’un jeûne hydrique de 5 jours nous permettrait de renouveler totalement la flore intestinale, qui se rééquilibre ainsi tout naturellement.

Où trouver les nutriments nécessaires au bon fonctionnement du système immunitaire ?


Ce sera avant tout dans une alimentation riche en vitamines et minéraux : légumes verts, légumineuses, fruits frais et oléagineux, céréales complètes et huiles de bonne qualité. 

Les aliments riches en anti-oxydants iront dans le même sens, comme les baies, le cacao non sucré, les fruits et légumes oranges, rouges et verts.

Un des anti-oxydants les plus bénéfiques au système immunitaire est la vitamine C dont il faut augmenter le taux dès l’automne. Attention, la vitamine C n’étant pas stockée par l’organisme, il s’agit d’en consommer quotidiennement. On la trouve dans les fruits rouges, légumes verts, agrumes. Le persil, le citron, les poivrons en sont riches.

Comme vu dans le précédent article, il s’agira d’optimiser le taux de vitamine D2 et D3 en partant sous les tropiques à Noël, ou en consommant champignons, beurre, foie de morue, germe de blé et jaune d’œuf.

Le magnésium participe activement à l’élaboration de nos anticorps : consommez des fruits secs, oléagineux, légumineuses, céréales complètes, chocolat noir, crustacés…

Un autre anti-oxydant dont il faut optimiser le taux : le fer, qui élabore les globules blancs et rouges : on le trouve naturellement dans la viande rouge, les abats, les légumineuses. Attention : on ne se complémente en fer que lorsqu’on est en carence, car le fer en excès devient pro-oxydant pour nos cellules.

En résumé, on évitera surtout les aliments transformés, les boissons gazeuses sucrées, les sucres raffinés, les huiles riches en omega6 (qui favorisent l’inflammation, comme dans l’huile de soja).

On privilégiera les fruits, baies, noix, œufs, graines, viandes bovines élevées en pâturages…
Pour soutenir l’organisme dans son renforcement, on fera de l’exercice sans excès: yoga, course à pied, natation…

Quelles plantes stimulent le système immunitaire ?

L’echinacea purpurea, la griffe du chat, le lapacho sont des plantes qui renforceront le système immunitaire en préventif comme en curatif. On consommera l’écorce de lapacho en décoction.

Attention cependant, ces plantes doivent être utilisées en cure (3 semaines puis 1 semaine d’arrêt, pour éventuellement reprendre 3 semaines, puis stopper). En effet, prendre en continu une plante immunitaire peut amener l’effet contraire à celui escompté, à savoir un effondrement de l’immunité. 

Les contre-indications à ces plantes immuno-stimulantes sont les maladies auto-immunes, ainsi que les personnes sous immuno-suppresseurs (en général suite à une greffe, pour éviter tout rejet).

Echinacea Purpurea


On peut aussi travailler sur l’immunité en consommant ou en se complémentant en champignons de type shiitake, maitake, reishi, mais aussi cordyceps, polypore en ombelle, himematsutake, enokitake…

Le thé vert est aussi très stimulant de l’immunité, de même que le ginseng ou les tisanes de camomille, qui est anti-inflammatoire.
La consommation de boissons fermentées comme le kombucha, ou le kéfir de fruit ou de lait aideront à réensemencer la flore. Le yaourt est aussi une bonne source de ferments lactiques (on privilégiera les yaourts au lait de brebis ou de chèvre, moins acidifiant et plus riche en nutriments que le lait de vache industriel).

Mieux gérer son stress pour renforcer son immunité

Le surmenage et le stress menacent nos défenses. Un stress qui se prolonge nous fait passer par trois stades : la phase d’adaptation, la phase d’alerte et la phase d’épuisement. Lorsqu’on atteint la troisième phase, c’est le burn-out, et notre immunité qui s’effondre.

La première indication sera une supplémentation en magnesium naturel, et en omega 3 (EPA, DHA), pour réguler le système nerveux.

On peut aussi travailler sur le stress en journée avec des plantes comme le rhodiola (qui prolonge la phase d'adaptation au stress), le basilic sacré, le bacopa, la mélisse, des huiles essentielles relaxantes.

Rhodiola Rosea


Et lorsqu’on est déjà malade ?

On soutiendra le système immunitaire comme conseillé ci-dessus, en association avec des huiles essentielles, sujet de mon prochain article. Suivez ce lien.



jeudi 22 octobre 2015

Prévenir les pathologies hivernales 1. Pourquoi je tombe malade (et pas mon voisin)?

L'automne est la saison idéale pour préparer notre organisme à une phase d’hibernation propice au repos et à la récupération. Hélas, ce n’est pas souvent le cas : on sollicite fortement nos défenses immunitaires pour nous adapter à des conditions de vie difficiles et contraires aux lois naturelles.
Au lieu de ralentir nos activités physiques, réduire la consommation alimentaire et réduire les sources de stress, on fait l’inverse : activité intense et excès alimentaires, surtout en fin d’année.






         1. Que se passe-t-il quand je suis malade ?

C'est l'épuisement de l'organisme, un système immunitaire affaibli qui est une porte ouverte aux maladies infectieuses.

Notre système immunitaire est composé de deux barrières constituant nos défenses.
a. les défenses non spécifiques, innées : elles protègent l’organisme contre toute substance étrangère, et interviennent de manière générale. Il s'agit de la peau, des muqueuses gastriques, intestinales, vaginales, pulmonaires qui sécrètent des substances (mucus, enzymes, acides) assurant la destruction des germes et les évacuant.
b. les défenses spécifiques, acquises : des réactions adaptées à la défense contre un antigène donné, clairement identifié par le système immunitaire.
Quand la première barrière est débordée, les défenses spécifiques sont mobilisées.

L'inflammation, l'œdème, la fièvre sont des indicateurs de la mobilisation du système immunitaire.
Ce sont nos globules blancs qui redoublent d'efforts pour se débarrasser de la bactérie, du virus qui a réussi à pénétrer. C'est pourquoi il est important de laisser la fièvre monter en la contrôlant, mais de ne pas la casser.


2. Coup de chaud et coup de froid

Lorsque j’ai froid, je tremble : il s'agit d'un moyen pour le corps d’élever la température interne, comme une chaudière. Le fuel utilisé : les nutriments de l’alimentation. Donc plus l’alimentation est équilibrée et appropriée à la saison, plus notre chaudière a de fuel pour bien se réchauffer.
 Notre corps se défend moins bien quand il a froid (pas forcément quand il fait froid), mais aussi quand il a trop chaud ou quand il subit un stress, ce qui favorise la maladie.
Le "coup" de la climatisation lorsqu'il fait très chaud est révélateur de la dépense d'énergie nécessaire à l'organisme pour passer du (très) chaud au (très) froid. Les clims véhiculant parfois pas mal de microbes, certaines personnes subiront les effets du passage brutal du chaud au froid sous la forme d'une angine carabinée.

Voici quelques idées reçues :
  •  L’exposition aux basses températures favorise la maladie : faux, l’exposition aux basses températures stimule l’immunité. Par contre, l’énergie dépensée à réchauffer le corps est de l’énergie en moins dépensée à se défendre contre les microbes, voilà pourquoi on tombe plus facilement malade l’hiver que l’été.
  •  Il y a plus de germes et de virus l’hiver : faux, il y en a plus l’été, mais l'organisme est mieux à même de se défendre en été qu'en hiver.




Malade en hiver? La théorie de la vitamine D

La vitamine D est indispensable au bon fonctionnement du système immunitaire: son rôle de différenciation et de prolifération cellulaire au niveau immunitaire est scientifiquement attesté.
On constate alors que c’est l’intensité des rayons solaires et le taux de vitamine D absorbé qui augmente ou diminue le risque de maladie.
Les personnes carencées en vitamine D pendant la saison froide seraient les premières victimes des virus et bactéries environnants.

Voici quelques sources de vitamine D:
  •  Soleil: prendre le soleil 20 minutes par jour surtout pendant la saison chaude. En hiver, en France, le soleil n'est pas assez intense pour permettre à l'organisme de synthétiser de la vitamine D à partir de ses rayons.
  • Poissons gras: saumon, thon, flétan, harengs, maquereaux, sardines...
  • Jaune d’œuf
  • Abats
  • Germe de blé
  • Beurre 
  • Huile de foie de morue
  • Champignons (portobella, maitake). 
  • On peut aussi se complémenter en vitamine D naturelle (vitamine D3 issue de la lanoline du mouton, capsules d'huile de foie de morue...)  


Dans le prochain article, je vous expliquerai comment renforcer votre système immunitaire. A lire ici


mardi 2 juin 2015

Le printemps en naturopathie: 2. Les allergies respiratoires

Chaque année, un nombre toujours croissant de personnes sont victimes des pollens de bouleau, peuplier, saule, noisetier, frêne en avril mai, et des graminées début juin. Déplacés par le vent, ils contiennent certaines protéines qui provoquent une inflammation des muqueuses et des troubles respiratoires chez les personnes qui y sont sensibles: rhinite, sinusite, éternuements, chat dans la gorge, conjonctivite, asthme, maux de tête... sont des signes d'une allergie à ces pollens. 
Ceux-ci sont considérés comme des corps étrangers nocifs par notre système immunitaire qui va sur-réagir en créant un phémomène inflammatoire (dans le but de nous protéger), entraînant les symptômes cités plus haut.
Les allergies sont donc les réactions d'un système immunitaire défaillant.




En prévention:

Il existe un lien entre allergie et l'organe foie. Il convient évidemment de nettoyer son foie au printemps.
La plante à privilégier pour le drainage du foie sera le desmodium, qui est riche en propriétés anti-histaminiques. On peut aussi nettoyer son foie avec l'oligo-élément germanium, qui aidera à lutter contre les phénomènes inflammatoires.
On évitera le drainage à la sève de bouleau si l'on est allergique aux pollens de cet arbre.
Dès février, on peut faire chaque jour une tisane de fleurs de mauve, bénéfique au système respiratoire.

En période de pollens:

Lorsqu'arrivent les pollens, il convient de nettoyer son nez matin et soir, soit avec de l'eau de mer filtrée (type Quinton), soit à l'aide d'une lota: il s'agit d'un ustensile ayurvédique en forme d'arrosoir que l'on remplit d'eau et d'un peu de fleur de sel , permettant de nettoyer son nez sous la douche. On fait ainsi passer l'eau d'une narine à l'autre, pour conserver ses sinus propres, et éviter ainsi les sinusites notamment.

On évitera évidemment les endroits où se concentrent les bouleaux et autres arbres libérant leurs pollens allergisants, les bois ou les grandes allées plantées d'arbres en ville.

Le soir on passe sous la douche avant de se coucher: les pollens se fixent dans les cheveux, les barbes..
On aère quand même son intérieur, particulièrement après la pluie, qui aura fait retomber les pollens.
En sortant de chez soi, les personnes qui le supportent peuvent mettre une goutte d'huile essentielle d'estragon sur le bord des narines, pour un effet protecteur (pour les personnes sensibles aux huiles essentielles, on diluera l'HE d'estragon dans un peu d'huile végétale.


Contre les symptômes:

Le plantain est une des grandes plantes bénéfiques à la sphère respiratoire.
On peut consommer une tisane à base de plantain, d'artichaut, de boldo, de pissenlit, de prèle, de thym.
L'association des sels de Schüssler suivants sera bénéfique aux personnes allergiques:
magnesium phosphoricum, silicea, natrium chloratum (2 de chaque, 3 fois par jour).
En cas d'allergie soudaine, on pourra prendre 1 comprimé en D6 de calcium phosphoricum toutes les 10 minutes.
Les remèdes homéopathiques suivants: poumon histamine 15CH, pollens 30 CH, 5 granules matin et soir, ou une dose par semaine dès l'apparition des pollens.
Les compléments alimentaires à base d'oeufs de caille sont aussi très à même d'aider à la désensibilisation.

En cas de pathologies de la sphère ORL avec écoulements (rhinite, sinusite, bronchite...), on stoppera complètement les produits laitiers jusqu'à assèchement des colles. En cas de catarrhes colorées, on peut utiliser un spray nasal ou buccal contenant de la propolis pour lutter contre l'infection, diffuser des huiles essentielles comme l'eucalyptus et le niaouli et faire des inhalations d'eucalyptus, de thym et de sauge.
Une cure de bourgeons de cassis, très anti-inflammatoire, sera aussi bénéfique en cas de pathologie d'inflammation liée aux pollens. 15 gouttes par jour maximum pour un adulte (macérat de bourgeons bio).
En cas d'allergie et d'infection chez l'enfant, on associera les bourgeons de cassis aux jeunes pousses d'églantier (1 goutte de chaque par 10 kgs de poids).


Travailler sur son terrain allergique:

On se supplémente en omega3, qui ont un effet fortement anti-inflammatoire.
L'oligo-élément du terrain allergique est le manganèse, que l'on peut prendre un jour sur deux en complémentation.
On peut renforcer son système immunitaire avec les champignons reishi et maitake, qui ont une action sur les allergies au pollen et à la poussière.
Au niveau alimentaire, on favorisera les aliments riches en bioflavonoïdes, en quercétine et en soufre.

Derrière les phénomènes allergiques respiratoires se cache un conflit de séparation.

Consultez votre naturopathe pour établir un protocole de prévention, renforcer votre système immunitaire, travailler sur votre terrain inflammatoire, sur l'aspect psycho-émotionnel lié au système respiratoire,
et améliorer votre hygiène vitale, au niveau alimentaire notamment.

jeudi 23 avril 2015

Le printemps en naturopathie: 1. La cure détox



En naturopathie, lorsque la vitalité le permet, on appliquera au printemps une cure de désintoxication (la fameuse cure "détox").
C'est en cette période que reins et foie se régénèrent. Tout naturellement, on ira dans le sens de cette régénération en aidant ces organes à se désengorger pour leur faciliter leur travail d'élimination des toxines (une de leurs multiples fonctions). 

1. Stop aux excès:

La première étape consiste à cesser de s'intoxiquer. Avant même de penser à prendre une plante drainante, on peut aider ses organes dans leurs fonctions en limitant sa consommation de graisses animales, de sucres, d'excitants, d'aliments raffinés, de légumes luisants de pesticides, de produits laitiers et de céréales riches en gluten.

Pour aider au grand nettoyage de printemps, on peut drainer puis stimuler les différents organes d'élimination (émonctoires), non seulement reins et foie, mais aussi les émonctoires-relais: peau, poumons et intestins.

On se pose des questions: 
Comment est-ce que je me sens dans mon corps? Mes organes d'élimination fonctionnent-ils bien? Est-ce que je digère bien? Ai-je un transit régulier?  Mes urines sont-elles colorées? Est-ce que je transpire à l'effort et à la chaleur? Ai-je une bonne capacité respiratoire?

2. Le drainage:

Le but de la détoxification est de rester en bonne santé.
Lorsqu'on choisit de drainer, on va orienter tous les déchets du métabolisme vers les émonctoires  et accélérer l'élimination de certaines molécules.

Comment fonctionne le drainage?
Une plante émonctorielle contient des molécules non-assimilables et toxiques pour tel ou tel organe d'élimination, qui va chercher à s'en débarrasser en l'évacuant au plus vite, stimulant ainsi les éliminations par l'organe concerné.
Il faut évidemment boire beaucoup d'eau peu minéralisée pour aider l'élimination.

Un naturopathe évaluera l'état de fonctionnement de vos organes et s'assurera que vous avez assez de force vitale pour entreprendre une telle cure. Il vous aidera à choisir la cure de désintoxication adaptée à votre tempérament et à votre vitalité. Par exemple, si une personne à tendance aux allergies aux pollens, il sera bon de limiter le nombre de plantes et d'éviter les fleurs.
Il vous aidera à déterminer quel(s) organe(s) est(sont) à privilégier pendant la cure, choisir une plante plus ou moins forte pour drainer tel ou tel émonctoire, mais aussi déterminer la durée du drainage.
Il s'assurera aussi que les plantes n entraînent aucune intéraction entravant le bien-être de la personne, notamment en cas de prise de médicaments.

Cette étape est indispensable, car une fois la cure commencée, il ne faut pas l'arrêter trop tôt! En effet, les toxines sont en circulation dans l'organisme et il faut mener le nettoyage à bien.

Un bon drainage procure une sensation de bien-être. Si l'on se sent mal c'est que la plante n'est pas adaptée.

3. Les plantes drainantes:

Pour nettoyer son foie, on se tournera vers des plantes cholérétiques (qui stimulent la sécrétion de bile) comme  l'artichaut, ou le romarin, ou des plantes cholagogues (qui stimulent l'évacuation de la bile) comme le radis noir ou la fumeterre, ou encore, pour les personnes fragiles ou les enfants, vers des plantes hépato-protectrices comme le chardon-marie ou le desmodium.

On peut nettoyer ses intestins par des lavements, par une alimentation riche en mucilages, en fibres et en eau, et par des plantes laxatives douces (comme le psyllium, la réglisse ou la mauve) ou purgatives (comme la rhubarbe ou l'écorce de bourdaine).

Pour prendre soin de ses reins, on stimulera l'élimination des cristaux et acides par des eaux peu minéralisées et des plantes diurétiques (comme le bouleau ou l'orthosiphon).

On drainera la peau par des plantes sudorifiques comme la bardane ou la pensée sauvage.

On soutiendra les poumons dans leurs fonctions par des plantes balsamiques (qui apaisent), béchiques (qui calment la toux), expectorantes et fluidifiantes des sécrétions bronchiques (eucalyptus, petit plantain, marrube blanc...)

4. Stimulation des organes:

Pour stimuler ses fonctions d'élimination, on augmentera les échanges cellulaires par un peu plus d'activité physique en plein-air, dont tous les organes tireront un grand bénéfice, mais aussi par des applications d'eau froide ou chaude, bouillottes chaudes, massages et frictions.

Une cure de désintoxication demande une bonne dose d'énergie vitale: pour cela on se relaxe, on privilégie les pensées positives, on prend le soleil, on consulte un ostéopathe et/ou un bon réflexologue.