vendredi 6 novembre 2015

Huiles essentielles: comment les utiliser sans se mettre en danger



Certaines précautions s’imposent pour pouvoir profiter de tous les bienfaits des huiles essentielles sans mettre en danger sa santé.


           Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

Il s’agit de l’essence distillée d’une plante aromatique. En effet, seules les plantes aromatiques donnent des huiles essentielles.
En voici une définition plus précise :
Substance aromatique volatile obtenue à partir de matières premières végétales soit par distillation, soit par un procédé de distillation sèche (pyrogénation), soit par expression du zeste.

Les huiles essentielles sont fragiles. Leurs ennemis sont l’air et la lumière. Elles sont aussi sensibles à la chaleur, certaines plus que d’autres, notamment les agrumes, à conserver au réfrigérateur.
La plupart d’entre elles perdent leurs qualités au fil du temps, mais d’autres se bonifient en prenant de l’âge. Il s’agit des huiles lourdes comme la cannelle, le bois de cèdre, de santal, mais aussi patchouli et girofle, qu’on pourra conserver 10 ans.

       L’ hydrolat

En plus de l’huile distillée, on recueille l’eau ayant servi à leur distillation. Cette eau a les mêmes propriétés que l’huile essentielle, mais en beaucoup plus diluées : il s’agit de l’hydrolat, ou eau florale. On l’utilisera sans risque en interne comme en externe. Il s’agit d’une bonne alternative pour les enfants en bas âge, les personnes âgées, les personnes fragiles ou les animaux.

      Composition d’une huile essentielle

Parmi la centaine de molécules présente dans une huile essentielle, il y a toujours une molécule dominante qui donne la propriété.

La partie distillée peut varier pour une même plante. Par exemple, pour le citrus (orange amère), l’expression du zeste donne l’essence de bigaradier, la distillation de la feuille et du début du fruit donne l’huile essentielle de petit grain bigarade et la distillation de la fleur donne l’huile essentielle de néroli bigaradier.
Parfois les parties distillées d’une même plante peuvent ne pas avoir les mêmes propriétés.

La propriété d’une huile essentielle peut différer en fonction de son chémotype (son principe actif). Par exemple, le romarin officinal à cinéole sera plutôt respiratoire, le romarin officinal à verbénone aura plutôt des vertus hépatiques, alors que le romarin officinal à camphre sera plus antalgique et anti-inflammatoire.

      Comment choisir son huile essentielle ?

 Pour acheter une huile essentielle de qualité, il importe que les informations suivantes soient mentionnées sur l’étiquette.

·         Le nom vernaculaire (ou nom commun) : il donne une première information sur la plante choisie. Par exemple : la lavande fine, qui sera différente de la lavande aspic.
·         Le nom latin : c’est celui qui vous permettra d’identifier une même plante cachée derrière divers noms vernaculaires. Par exemple, derrière la lavande vraie, la lavande fine et la lavande officinale se cache une seule et même plante : lavandula angustifolia.
·         Le chémotype (ou principe actif) : il donne une indication de la propriété de la plante. En fonction du chémotype, on saura par exemple si l’on peut ou non ingérer une huile essentielle. Par exemple, une plante contenant du linalol pourra être ingéré, alors que la molécule 1.8 cinéole sera mal assimilée par l’organisme, qui n’en a pas besoin.
·         La partie distillée ou l’organe sécréteur
·         La provenance
·         La famille à laquelle la plante est rattachée (par exemple : myrtacées, …)
·         Le mode d’extraction : distillation, expression…
·         La robe ou couleur
·         La garantie qualité : Agriculture Biologique, Ecocert, Nature et Progrès …

      Quelles précautions d’utilisation?

Pour ne prendre aucun risque, il est recommandé :

·         De les tenir hors de portée des enfants
·         De ne pas les utiliser pendant la grossesse et l’allaitement
·         De ne pas pratiquer d’auto-médication : seuls les naturopathes-aromatologues et les aromathérapeutes sont à même de vous conseiller des huiles essentielles et une posologie adaptée.
·         De ne pas les appliquer sur les muqueuses
·         De les diluer systématiquement dans un support gras (huile végétale, base lavante, gels, laits, savons en copeaux…
·         De toujours se laver les mains avec du savon avant et après manipulation et d’éviter le contact avec les yeux.
·         Tous les agrumes sont photo-sensibilisants : l’exposition solaire après application ou ingestion d’une huile essentielle d’agrume est dangereuse.

       Comment les utiliser ?

·         Par voie respiratoire, sur un mouchoir ou en inhalation. Par exemple, 5 gouttes de niaouli dans un dispersant à diluer dans un bol d’eau frémissante, pour profiter de ses bienfaits respiratoires mais aussi nettoyants de la peau.

·         Dans le bain : un bain à la térébenthine, par exemple, aura une action respiratoire, mais aussi psycho-émotionnelle: on diluera 12 à 15 gouttes d’HE de térébenthine dans 1 verre de 15 cl de gel neutre ou lait d’ânesse, ou poudre de coco, ou poudre de lait entier, à verser dans l’eau du bain.

·         En massage  de la voute plantaire, massage corporel, facial, en évitant les muqueuses. On diluera 5 à 10% d’HE dans 90 à 95% d’huile végétale.  Les huiles végétales propices au massage sont l’amande douce, l’argan, l’arnica, les macérats de type calendula ou millepertuis, la callophyle, le chanvre, le coco, le baume au karité, les noyaux abricot, le germe de blé, la rose musquée du chili… Les zones fortes pour masser sont la nuque, le plexus solaire, entre le nombril et le pubis, les pieds.  En massage facial on ne diluera que 8 gouttes pour 100 ml.

·         En friction pour certaines huiles : on frictionnera la voute plantaire, les poignets, la carotide, le pli du coude, le pli du genou. On peut pratiquer un « choc à l’inule » par exemple,  pour une action très expectorante : on masse la colonne vertébrale à l’HE d’inule odorante, puis on passe un coup de sèche-cheveux. Idem pour le ravintsara ou le niaouli en massage sur la colonne vertébrale en cas d’état grippal. On peut aussi pratiquer un « choc à l’hélichryse » sur une varice.

·         En instillation nasale, comme par exemple avec une huile goménolée qu’on peut réaliser à la maison en diluant 2 à 3% d’HE niaouli dans une huile végétale.

Pour terminer, je ne saurais que vous conseiller de bien vous renseigner avant d’utiliser une huile essentielle, car utilisées pures, certaines peuvent nous mettre en danger. C’est le cas des huiles essentielles anti-infectieuses puissantes comme la cannelle, le giroflier, l’origan, la sarriette, le thym à thymol.

Merci à Marie-Odile Cayeux et Jean-Charles Sommerard qui m’ont prodigué ces conseils et initié à l’aromathérapie. Jean-Charles, pour qui les huiles essentielles et végétales n’ont aucun secret, a une règle d’or que je vous conseille d’adopter : tout ce qu’on applique sur la peau doit pouvoir être mangé.

Si les huiles essentielles vous intéressent, il est indispensable de vous former à leur utilisation avant de passer à la pratique, ou de demander conseil à un spécialiste.