mardi 27 octobre 2015

Prévenir les pathologies hivernales 3. Les huiles essentielles de l’hiver

Suite à un refroidissement dû à un stress ou à une baisse de l’immunité, l’organisme a besoin de récupérer. On peut se sentir patraque sans être vraiment malade (nez bouché, tête congestionnée –gros rhume). Les huiles essentielles aident à retrouver le tonus, soulager les maux de gorge, la rhinite, la toux.
Certaines vont nous protéger et d’autres nous aider à aller mieux. Toutes vont nous soutenir et, de par leurs vertus anti-inflammatoires, renforcer notre immunité.
Suivez ce lien  pour savoir comment les utiliser sans danger.


Quelles huiles essentielles privilégier en hiver ?

Chaque litre d’huile essentielle résulte de la distillation de kilos voire de tonnes de plantes aromatiques. Chacune renferme une centaine de molécules, dont une dominante qui nous donnera la propriété de l’huile essentielle.

Les molécules sont dites :
·         positives (positivantes) c’est-à-dire qu’elles sont toniques, stimulantes et anti-inflammatoires : il s’agit des terpènes, terpénol, ethers, oxydes..
·         négatives (négativantes) : relaxantes, sédatives et anti-inflammatoires, comme les esters, aldéhydes, cétones, acides..

Concernant les huiles essentielles de l’hiver, on privilégiera  par exemple les terpènes positivants et immunostimulants (toutes les essences de pins et de sapins). L’essence de térébenthine est le terpène par excellence, positivante et hyper-dynamisante. C’est l’essence utilisée dans le «Bol d’air Jacquier ».
Une huile essentielle comme l’épinette noire utilisée en friction sur la zone des surrénales au réveil va nous aider à sortir du lit lors des matins froids d’hiver, en stimulant la production de cortisol.
On privilégiera aussi les huiles essentielles à alcools, qui ont les avantages des phénols sans leurs inconvénients : les huiles essentielles à alcool ne présentent pas de toxicité aux doses indiquées et peuvent être appliquées pures sur la peau.
Par exemple, les terpinéols font tomber la fièvre, sont anti-bactériens, béchiques (anti-toux), analgésiques, expectorants.

Focus sur quelques huiles essentielles indispensables en hiver:

  • 1.       Le niaouli (melaleuca quinquenervia)

Son utilisation en interne est controversée du fait du 1.8 cinéole qu’elle contient, et dont l’organisme n’a pas besoin. On peut se procurer du goménol, une essence de niaouli purifiée et débarrassée de ses aldéhydes irritantes.
L’intérêt du niaouli réside en sa richesse en monoterpénol, qui lui confère des propriétés anti-bactériennes, antivirales, immuno-stimulantes et toniques.
Il sera utile en cas de bronchite, grippe, asthme, coqueluche, rhinite, otite, bronchite, sinusite…
Appliquer en externe diluée à 20% dans une huile de massage ou pure sur le torse et le dos en prévention des maux grippaux.
On peut bien sûr l’utiliser en inhalation ou en diffusion pour dégager les voies respiratoires, ou quelques gouttes sur un mouchoir à respirer profondément, 2 à 4 fois par jour.
Si l’on choisit de l’ingérer, on peut en mettre 2 gouttes dans une cuiller de miel, ou par exemple sur un peu de mie de pain.
Utilisez le niaouli en synergie avec les huiles essentielles présentées plus bas : ravintsara, tea-tree, saro, mais aussi cajeput…

  • 2.  Le ravintsara (cinnamomum camphora)

A ne pas confondre avec le ravensare (ravensara aromatica), le ravintsara est la star des huiles essentielles antivirales. Il agit contre la grippe, en prévention comme en curatif. Il est d’ailleurs préconisé de le diffuser en période d’épidémie.
Le ravintsara stimule le système immunitaire et possède des propriétés anti-bactériennes, mucolytiques et expectorantes : il est particulièrement recommandé en cas de bronchite, de sinusite et de rhinopharyngite.
Il sera d’une grande aide lors des états d’épuisement nerveux et de grande fatigue.
En interne, on prendra une à deux gouttes, 3 fois par jour dans du miel, ou par exemple dans une cuiller à café d’huile d’olive.
En externe, on la diluera à 20% dans une huile végétale, pour masser deux fois par jour le torse, le dos et l’arrière des oreilles. On peut aussi utiliser quelques gouttes pures en massage de la colonne vertébrale en cas de fatigue extrême, convalescence, infection virale.
A utiliser en synergie avec l’huile essentielle de niaouli, de tea-tree ou des huiles essentielles à phénols (origan compact, d’Espagne ou thym à thymol).

  • 3.       Le tea-tree (melaleuca alternifolia)


L’huile essentielle de tea-tree est, comme le ravintsara et le niaouli, anti-virale, anti-bactérienne et immunostimulante.
On l’utilisera, en synergie avec elles, pour le traitement de la sphère ORL dans les cas de sinusite, bronchite, angine, otite, rhinopharyngite.
En interne, on prendra 1 à 2 gouttes dans du miel ou de la purée d’amandes par exemple, 2 à 3 fois par jour.
On peut l’utiliser en externe en dilution à 20% dans une huile de massage ou pure sur la peau. Attention cependant aux peaux sensibles.
Elle travaillera en synergie avec le saro, le cajeput, ou en dilution avec l’origan.

  • 4.       Le mandravasarotra ou saro (cinnamosma fragrans)

Anti-infectieux respiratoire, antiviral et antibactérien, le saro est aussi antiparasitaire (dans les cas de diarrhée ou tourista).
Expectorant, le saro fluidifie les sécretions bronchites, soulage les écoulements. Il est régulateur des défenses immunitaires.
C’est aussi une huile essentielle calmante, utile en cas de stress et de dépression. Appliquer une goutte sur chaque poignet avant de sortir crée une protection énergétique lorsqu’on est affaibli.
On peut aussi l’utiliser diluée à 20% dans une huile végétale, en massage du torse, du dos et de l’arrière des oreilles.
On peut l’appliquer pure sur le front en cas de sinusite, ou sur le dos en cas de grippe.
On peut la diffuser ou appliquer une goutte sur la plante des pieds en période d’épidémie grippale.

  • 5.       L’eucalyptus radié (eucalyptus radiata)


Antiviral, l’eucalyptus radié agit sur l’ensemble des voies respiratoires. Il a une action expectorante douce (recommandé en soin des toux grasses), moins expectorant mais plus efficace que l’eucalyptus globuleux, et plus adapté à l’enfant pour un usage externe ou en diffusion.
Tonique général et stimulant des défenses immunitaires, l’eucalyptus radié est un anti-infectieux efficace en cas de virus comme la grippe, de bactérie ou de mycose (notamment au niveau uro-génital).
En interne, on prendra 1 à 2 gouttes 3 fois par jour dans du miel, ou par exemple sur un comprimé d’acérola.
On peut le diffuser en cas d’épidémie en association à d’autres huiles essentielles respiratoires comme l’eucalyptus globuleux, le saro, le ravintsara..
Pour les enfants, on appliquera 3 gouttes diluées dans une huile végétale d’amande douce, en massage de la voûte plantaire.

  • 6.       Le thym (thymus vulgaris)

On choisira l’huile essentielle de thym en fonction du chémotype : les thyms à thymol, à linalol, à thujanol sont tous anti-infectieux respiratoires. Attention cependant le thymol est un phénol dermocaustique, à utiliser avec prudence.
Pour le thymol, on préférera l’utiliser en externe, dilué à 10% dans une huile végétale. Pour les courageux qui souhaitent l’utiliser en interne, on recommandera une période d’utilisation courte, et une dilution à 10% dans un dispersant, à raison de 10 gouttes 3 fois par jour.
Pour les autres thyms, on peut les utiliser purs en externe, et 1 goutte, 2 fois par jour sur un support neutre en interne.
Le thym est à associer avantageusement à la cannelle, au saro et au tea-tree.


Comment contrôler la fièvre ?

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, la fièvre est une réaction vitale de l’organisme qui se défend. Il est bon de la contrôler, sans la casser, au-delà de 39°, notamment pour éviter le surmenage du système circulatoire.
Pour cela, on peut envelopper les mollets ou la poitrine avec 3 à 5 gouttes d’une huile essentielle fébrifuge pour 1 litre d’eau à 2° en dessous de celle du patient.
Les huiles essentielles fébrifuges : bergamote, cajeput, citron, eucalyptus globulus et radiata, lavande fine, menthe poivrée, myrte commun à cinéole, néroli.

Sources: Dr Valnet, Thierry Folliard


dimanche 25 octobre 2015

Prévenir les pathologies hivernales 2. Booster son système immunitaire

Echinacea Purpurea
Dans l’article précédent, nous avons vu que notre immunité mérite toute notre attention pour passer l’hiver sans tomber malade : en effet, les bactéries et virus ne peuvent se développer que dans un milieu qui leur est favorable, notamment quand le système immunitaire est affaibli.
Or,  immunité forte rime avec flore bactérienne harmonieuse. En effet, c’est cette flore qui fait barrière aux micro-organismes pathogènes. L’intestin en particulier, est le premier organe immunitaire : on dit qu’il est immuno-modulant.



Avec ses 100 000 milliards de bactéries, ses 400 espèces différentes, la flore intestinale, différente et unique pour chaque individu, subit des dérèglements. Ceux-ci sont  liés à l’âge, au stress, aux vaccins, à certaines maladies , aux antibiotiques, à l’alimentation raffinée, à l’excès de sucres rapides, de protéines, de graisse, à l’absence de fibres : autant de facteurs qui ravagent notre bénéfique flore « d’occupation », laissant la place aux bactéries pathogènes et autres virus. 


Que faire pour régénérer la flore intestinale ?

Dans un précédent article,  je donnais des exemples de protocoles à suivre pour nettoyer et assainir son système digestif, avant de réensemencer en bonnes bactéries sa flore intestinale.
Le probiotique utilisé devra être choisi en fonction d’une analyse de la flore, ou de l’état du transit.
Par exemple, les ferments lactiques : lactobacillus salivarus, helveticus et plantarum ont une action anti-microbienne contre les germes pathogènes, régulent le fonctionnement de l’intestin et réduisent son inflammation.
Certains spécialistes du jeûne soutiennent la théorie qu’un jeûne hydrique de 5 jours nous permettrait de renouveler totalement la flore intestinale, qui se rééquilibre ainsi tout naturellement.

Où trouver les nutriments nécessaires au bon fonctionnement du système immunitaire ?


Ce sera avant tout dans une alimentation riche en vitamines et minéraux : légumes verts, légumineuses, fruits frais et oléagineux, céréales complètes et huiles de bonne qualité. 

Les aliments riches en anti-oxydants iront dans le même sens, comme les baies, le cacao non sucré, les fruits et légumes oranges, rouges et verts.

Un des anti-oxydants les plus bénéfiques au système immunitaire est la vitamine C dont il faut augmenter le taux dès l’automne. Attention, la vitamine C n’étant pas stockée par l’organisme, il s’agit d’en consommer quotidiennement. On la trouve dans les fruits rouges, légumes verts, agrumes. Le persil, le citron, les poivrons en sont riches.

Comme vu dans le précédent article, il s’agira d’optimiser le taux de vitamine D2 et D3 en partant sous les tropiques à Noël, ou en consommant champignons, beurre, foie de morue, germe de blé et jaune d’œuf.

Le magnésium participe activement à l’élaboration de nos anticorps : consommez des fruits secs, oléagineux, légumineuses, céréales complètes, chocolat noir, crustacés…

Un autre anti-oxydant dont il faut optimiser le taux : le fer, qui élabore les globules blancs et rouges : on le trouve naturellement dans la viande rouge, les abats, les légumineuses. Attention : on ne se complémente en fer que lorsqu’on est en carence, car le fer en excès devient pro-oxydant pour nos cellules.

En résumé, on évitera surtout les aliments transformés, les boissons gazeuses sucrées, les sucres raffinés, les huiles riches en omega6 (qui favorisent l’inflammation, comme dans l’huile de soja).

On privilégiera les fruits, baies, noix, œufs, graines, viandes bovines élevées en pâturages…
Pour soutenir l’organisme dans son renforcement, on fera de l’exercice sans excès: yoga, course à pied, natation…

Quelles plantes stimulent le système immunitaire ?

L’echinacea purpurea, la griffe du chat, le lapacho sont des plantes qui renforceront le système immunitaire en préventif comme en curatif. On consommera l’écorce de lapacho en décoction.

Attention cependant, ces plantes doivent être utilisées en cure (3 semaines puis 1 semaine d’arrêt, pour éventuellement reprendre 3 semaines, puis stopper). En effet, prendre en continu une plante immunitaire peut amener l’effet contraire à celui escompté, à savoir un effondrement de l’immunité. 

Les contre-indications à ces plantes immuno-stimulantes sont les maladies auto-immunes, ainsi que les personnes sous immuno-suppresseurs (en général suite à une greffe, pour éviter tout rejet).

Echinacea Purpurea


On peut aussi travailler sur l’immunité en consommant ou en se complémentant en champignons de type shiitake, maitake, reishi, mais aussi cordyceps, polypore en ombelle, himematsutake, enokitake…

Le thé vert est aussi très stimulant de l’immunité, de même que le ginseng ou les tisanes de camomille, qui est anti-inflammatoire.
La consommation de boissons fermentées comme le kombucha, ou le kéfir de fruit ou de lait aideront à réensemencer la flore. Le yaourt est aussi une bonne source de ferments lactiques (on privilégiera les yaourts au lait de brebis ou de chèvre, moins acidifiant et plus riche en nutriments que le lait de vache industriel).

Mieux gérer son stress pour renforcer son immunité

Le surmenage et le stress menacent nos défenses. Un stress qui se prolonge nous fait passer par trois stades : la phase d’adaptation, la phase d’alerte et la phase d’épuisement. Lorsqu’on atteint la troisième phase, c’est le burn-out, et notre immunité qui s’effondre.

La première indication sera une supplémentation en magnesium naturel, et en omega 3 (EPA, DHA), pour réguler le système nerveux.

On peut aussi travailler sur le stress en journée avec des plantes comme le rhodiola (qui prolonge la phase d'adaptation au stress), le basilic sacré, le bacopa, la mélisse, des huiles essentielles relaxantes.

Rhodiola Rosea


Et lorsqu’on est déjà malade ?

On soutiendra le système immunitaire comme conseillé ci-dessus, en association avec des huiles essentielles, sujet de mon prochain article. Suivez ce lien.



jeudi 22 octobre 2015

Prévenir les pathologies hivernales 1. Pourquoi je tombe malade (et pas mon voisin)?

L'automne est la saison idéale pour préparer notre organisme à une phase d’hibernation propice au repos et à la récupération. Hélas, ce n’est pas souvent le cas : on sollicite fortement nos défenses immunitaires pour nous adapter à des conditions de vie difficiles et contraires aux lois naturelles.
Au lieu de ralentir nos activités physiques, réduire la consommation alimentaire et réduire les sources de stress, on fait l’inverse : activité intense et excès alimentaires, surtout en fin d’année.






         1. Que se passe-t-il quand je suis malade ?

C'est l'épuisement de l'organisme, un système immunitaire affaibli qui est une porte ouverte aux maladies infectieuses.

Notre système immunitaire est composé de deux barrières constituant nos défenses.
a. les défenses non spécifiques, innées : elles protègent l’organisme contre toute substance étrangère, et interviennent de manière générale. Il s'agit de la peau, des muqueuses gastriques, intestinales, vaginales, pulmonaires qui sécrètent des substances (mucus, enzymes, acides) assurant la destruction des germes et les évacuant.
b. les défenses spécifiques, acquises : des réactions adaptées à la défense contre un antigène donné, clairement identifié par le système immunitaire.
Quand la première barrière est débordée, les défenses spécifiques sont mobilisées.

L'inflammation, l'œdème, la fièvre sont des indicateurs de la mobilisation du système immunitaire.
Ce sont nos globules blancs qui redoublent d'efforts pour se débarrasser de la bactérie, du virus qui a réussi à pénétrer. C'est pourquoi il est important de laisser la fièvre monter en la contrôlant, mais de ne pas la casser.


2. Coup de chaud et coup de froid

Lorsque j’ai froid, je tremble : il s'agit d'un moyen pour le corps d’élever la température interne, comme une chaudière. Le fuel utilisé : les nutriments de l’alimentation. Donc plus l’alimentation est équilibrée et appropriée à la saison, plus notre chaudière a de fuel pour bien se réchauffer.
 Notre corps se défend moins bien quand il a froid (pas forcément quand il fait froid), mais aussi quand il a trop chaud ou quand il subit un stress, ce qui favorise la maladie.
Le "coup" de la climatisation lorsqu'il fait très chaud est révélateur de la dépense d'énergie nécessaire à l'organisme pour passer du (très) chaud au (très) froid. Les clims véhiculant parfois pas mal de microbes, certaines personnes subiront les effets du passage brutal du chaud au froid sous la forme d'une angine carabinée.

Voici quelques idées reçues :
  •  L’exposition aux basses températures favorise la maladie : faux, l’exposition aux basses températures stimule l’immunité. Par contre, l’énergie dépensée à réchauffer le corps est de l’énergie en moins dépensée à se défendre contre les microbes, voilà pourquoi on tombe plus facilement malade l’hiver que l’été.
  •  Il y a plus de germes et de virus l’hiver : faux, il y en a plus l’été, mais l'organisme est mieux à même de se défendre en été qu'en hiver.




Malade en hiver? La théorie de la vitamine D

La vitamine D est indispensable au bon fonctionnement du système immunitaire: son rôle de différenciation et de prolifération cellulaire au niveau immunitaire est scientifiquement attesté.
On constate alors que c’est l’intensité des rayons solaires et le taux de vitamine D absorbé qui augmente ou diminue le risque de maladie.
Les personnes carencées en vitamine D pendant la saison froide seraient les premières victimes des virus et bactéries environnants.

Voici quelques sources de vitamine D:
  •  Soleil: prendre le soleil 20 minutes par jour surtout pendant la saison chaude. En hiver, en France, le soleil n'est pas assez intense pour permettre à l'organisme de synthétiser de la vitamine D à partir de ses rayons.
  • Poissons gras: saumon, thon, flétan, harengs, maquereaux, sardines...
  • Jaune d’œuf
  • Abats
  • Germe de blé
  • Beurre 
  • Huile de foie de morue
  • Champignons (portobella, maitake). 
  • On peut aussi se complémenter en vitamine D naturelle (vitamine D3 issue de la lanoline du mouton, capsules d'huile de foie de morue...)  


Dans le prochain article, je vous expliquerai comment renforcer votre système immunitaire. A lire ici